pour
personnes handicapées de grande dépendance
COMMUNIQUE DE PRESSE
A
l’occasion du sit-in du 14 juillet 2006 devant le siège du cdH
Nous sommes des parents, proches et
professionnels, représentants d’associations et de services pour les personnes
lourdement handicapées. Nous avons
entrepris de parler en leur nom et au nom des nombreuses familles qui,
accaparées, parfois accablées par la prise en charge de leurs enfants, ne
peuvent s’exprimer.
Cela fera bientôt un an que nous
organisons des sit-in mensuels et que nous sillonnons les Cabinets ministériels
afin de sensibiliser nos mandataires à une problématique grave : le manque de
structures et de places d’accueil pour personnes handicapées de grande dépendance.
En Région bruxelloise, il n’existe aucune structure adaptée pour les adultes
polyhandicapés, autistes, infirmes moteurs cérébraux,… Des possibilités de
subventionnement alternatif n’ont pas encore vu le jour à Bruxelles alors
qu’elles ont été mises en place dans d’autres Régions depuis des années. Citons, à titre d’exemple, les conventions
nominatives en Wallonie et le Budget d’Assistance Personnel en Flandre.
Quand nous nous adressons à nos
mandataires politiques bruxellois et communautaires, nous butons régulièrement
sur des problèmes de compétences dus au saucissonnage de nos institutions (« je
n’ai aucun pouvoir en la matière, ce n’est pas de ma compétence… »),
sur des moyens financiers insuffisants (« oui, c’est ma compétence mais
je n’ai pas assez d’argent que pour répondre à tous les besoins ») ou sur
des situations d’ordre corporatif (« l’augmentation de l’enveloppe de
cette année a été destinée à la revalorisation de l’emploi » - « un
autre accord du non marchand se prépare… »).
Nous en arrivons aujourd’hui à un
terrible constat : les personnes lourdement handicapées, les plus faibles
parmi les plus fragilisées, sont encore et toujours oubliées, laissées pour
compte dans notre société ! Certaines
familles vivent des situations dramatiques au quotidien. Le recours à des solutions inhumaines, telle
que l’enfermement dans un hôpital psychiatrique, est passé sous silence. L’émotion
suscitée par nos cris d’alerte au monde politique et à l’opinion publique est
passagère et aucune intervention concrète n’a encore abouti.
Force est de constater que d’autres
intérêts priment. Et si parmi ceux-ci
certains sont légitimes, d’aucuns nous posent question… Comment en effet approuver
des dépenses de prestige de notre Région de Bruxelles, Capitale de l’Europe,
quand certains de ses citoyens belges francophones et leurs familles sont
réduits à mendier une aide à laquelle ils ont pleinement droit ? Comment accorder de l’intérêt aux
affirmations tonitruantes sur la solidarité venant des partis politiques en
campagne électorale, quand nous constatons que les personnes handicapées sont
exclues de tels discours ? Est-ce
parce qu’elles ne sont pas « productives » et ne représentent pas un
électorat intéressant ?
Le Centre Démocrate Humaniste met
l’être humain au centre de son discours et de son action : « Pour
nous, chaque personne compte (…) Nous ne voulons plus d’une société sans âme et
sans égalité où les plus vieux, les plus pauvres, les plus fragiles sont jetés
au bord du chemin de la croissance. (…) Nous exigeons pour chacun le droit à
être respecté dans sa différence et à être sécurisé dans son existence.[1] Et la Charte de l'Humanisme démocratique[2] affirme
que « Le lien social, c’est avant tout le sort des plus fragiles
et des plus faibles. ». Voilà des affirmations que nous partageons
pleinement, voilà des principes que nous voudrions voir appliqués ! Hélas,
nos familles et leurs enfants gravement dépendants vivent dans la réalité d’une
société qui ne correspond pas à cette vitrine
de bonnes intentions.
Jusqu’ici, de cabinet en cabinet,
nous avons été accueillis avec beaucoup de gentillesse et d’humanité, nous
avons entendu de nombreuses promesses, mais nous n’avons pu constater aucune
avancée concrète. Le seul moyen de nous
prouver la véracité de si belles paroles et de tant de promesses est de
répondre aux besoins de cette population qui, tout en étant partie intégrante
de notre société, subit la pire des discriminations. Concrètement, il faut ouvrir des structures
et des places d’accueil ! Concrètement, il faut soulager des familles
épuisées !
Notre combat est loin de s’arrêter
et nos actions iront en crescendo car nos familles n’ont rien à ce jour, et
donc n’ont rien à perdre. Après avoir organisé notre dernier sit-in devant le
siège du Parti Socialiste ce 2 juin (lire le communiqué de presse en cliquant
sur ce lien),
nous poursuivrons jusqu’en septembre nos actions de sensibilisation des partis
démocratiques et nous continuerons nos sit-in auprès d’autres instances, pour
que personne ne puisse dire un jour : « je ne savais pas » !
Lors de notre sit-in anniversaire du 6
octobre 2006, nous nous rendrons devant le Cabinet du Premier Ministre. Ainsi, lui non plus ne pourra pas dire qu’il
ne savait pas.
Nous refusons d’attendre que
quelqu’un veuille bien prendre à cœur, un jour, cette problématique gravissime
et en faire son cheval de bataille personnel.
Nous rejetons cet immobilisme et cette attitude fataliste du monde politique
belge qui attend l’arrivée d’une atrocité médiatisée pour enfin prendre les
mesures nécessaires. Personne ne peut
plus se soustraire à ses propres responsabilités ! Car chacun est
aujourd’hui responsable de ne pas agir, de ne pas intervenir et de laisser des
drames se produire.
Pour
le GAMP
Cinzia
Agoni
02
/ 673 03 12
0475
/ 94 18 90
Tous les comptes rendus
de nos sit-in et actions sont disponibles sur ce lien (www.inforautisme.com/01qui/activites_gamp.htm).