Le GAMP
Groupe
d’Action qui dénonce le Manque de Places
pour personnes handicapées de grande dépendance
Compte rendu de l’action du 14 mars 2007 au siège du Parti Socialiste
Pour notre deuxième sit-in au siège du Parti
Socialiste (PS), le Président Elio Di Rupo, étant retenu par d’autres
obligations, avait dépêché pour nous accueillir : Mme Govaert,
sa conseillère en charge entre autres de l’intégration de la personne
handicapée, le sénateur Seminara et Mr. Perl, représentant du Cabinet du Ministre
de la Santé Rudy Demotte.
La rencontre fut introduite par Mme Govaert
qui, au nom de Mr. Di Rupo, souhaitait réécouter nos demandes d’aujourd’hui, en
tenant compte des avancées enregistrées depuis la rencontre précédente. Parmi ces dernières, le PS aligne, par
l’intermédiaire du sénateur Seminara :
- Le
déblocage par la Région Wallonne des 7 millions d’euros, somme due à la
COCOF dans le cadre des accords de coopération, ainsi qu’un soucis de
rendre effective la libre circulation des personnes handicapées en
Communauté Française.
- Le
soutien de Mme Laurette Onkelinx dans le cadre
de Beliris dont elle est la présidente (travaux de rénovation d’un
bâtiment appartenant à la Régie des Bâtiments et destiné à accueillir des
projets d’accueil des personnes handicapées de grande dépendance).
- Le soutien de Mr. Charles
Picqué qui, en qualité de Ministre-Président de la Région Bruxelloise,
souhaite être informé très précisément de nos demandes afin de prévoir
leur financement ; il entre d’ailleurs dans ses intentions
d’interpeller le Ministre de l’emploi de la COCOF Benoît Cerexhe à propos
des emplois subventionnés pour l’encadrement.
Mme Govaert rappelle également que Mr. Picqué
estime qu’il est plus facile d’investir dans des bâtiments publics et
qu’il est conscient des besoins urgents en matière d’hébergement, de
centre de jour et de petites structures à caractère familial.
Mr. Perl rappelle l’entretien qui a suivi le sit-in du
mois de mai 2006 au Cabinet Demotte et signale que certains dossiers arrivent à
maturité. Après plusieurs réunions, le
processus s’accélère et ce week-end, différentes propositions de mesures seront
discutées dans le cadre du conclave budgétaire du Gouvernement fédéral. Mr. Perl en dénombre six avec une incidence
sur le pouvoir d’achat, dans le chef des compétences du Ministre fédéral de la
Santé :
- L’allocation
scolaire pour les enfants bénéficiant des allocations familiales majorées
serait doublée au 1/9/2007.
- La
prolongation du congé de maternité à 22 semaines pour les mamans d’enfants
handicapés à la naissance.
- Dans
le cadre d’un accord de coopération entre les entités fédérées,
l’accroissement de la dotation en personnel d’encadrement (infirmier,
kiné, logo…) dans les centres de soins. Extension de 200 lits de la
capacité d’accueil pour les 3 Régions avec l'octroi d'un forfait
journalier par personne, pour les centres de soins résidentiels. Ce afin
de répondre aux déficits d’offres pour les enfants et les jeunes adultes,
les mesures étant subordonnées à des projets thérapeutiques présentés par
les institutions.
- En
ce qui concerne le remboursement des soins de santé, la suppression du
ticket modérateur pour les prestations de kiné pour les patients émargeant
des listes E et F (budget de 3 millions et demi d’euros) toujours pour les
enfants et jeunes adultes (avec un espoir d’extension aux autres adultes).
- Des
mesures en matière de logopédie encore à discuter, entre autre la levée de
la limite d’âge et de durée pour la rééducation des enfants autistes.
- L’extension
des interventions au delà des 3 affections musculaires actuellement
retenues, ainsi que d’autres mesures à affiner.
M. Perl signale qu’il a plaidé en interne pour les questions
relatives aux handicapés de grande dépendance et que d’autres mesures, portées
par d’autres partis politiques, seront également à l’ordre du jour du conclave.
Après l’exposé de ces mesures, les échanges ont porté
sur des demandes de clarification ainsi que sur les raisons des frustrations
ressenties par le membres du GAMP et ce malgré les avancées soulignées (et
dont, bien sûr on peut se réjouir, pour autant qu’elles soient adoptées) :
- Il
est impérieux de refinancer la COCOF.
Seul ce refinancement pourra apporter une réponse pertinente à la
problématique de l’accueil de personnes handicapées de grande dépendance,
les besoins d’encadrement n’étant pas actuellement rencontrés, même si
ceux des infrastructures semblent trouver des réponses. M. Perl nous
répond que le verrou ne vient pas du côté francophone et que le PS a tout
tenté pour convaincre les néerlandophones de cette nécessité. A ce sujet, nous signalons qu’il serait
utile que la Communauté Française, désormais refinancée, arrêté d’exiger
des contributions de la COCOF au nom de la solidarité intra-francophone,
ce qui est une des questions que les néerlandophones rétorquent en réponse
aux besoins de refinancement de la COCOF !
- Les
parents regrettent que les mesures proposées ne concernent que les enfants
et les jeunes adultes alors que le nombre de personnes adultes handicapées
va croissant, ainsi que leur âge.
- Les
besoins réels d’hébergement – ce qui correspond à notre demande principale
- ne sont pas rencontrés, même si l’hébergement
n’est pas la seule solution.
- Le
déblocage des accords de coopération n’apporte pas d’accroissement
budgétaire à la COCOF, les millions remboursés n’étant que le
remboursement d’une dette de la Région Wallonne.
- A
propos de la libre circulation, si les membres se réjouissent de la
renégociation de l’accord de coopération, ils attirent l’attention de
leurs interlocuteurs sur l’absence réelle de libre circulation au niveau
des places non subventionnées. Les
personnes handicapées qui bénéficieraient des « conventions
prioritaires » (C.P.) octroyées dans le cadre des nouvelles
dispositions prises par la COCOF, ne pourront occuper des places non
subventionnées en Wallonie, le bénéfice de la C.P. se limitant aux places inexistantes (subventionnées ou
non) à Bruxelles. Le GAMP compte d’ailleurs
dénoncer cette carence après avoir interrogé un juriste et urge le PS à
interpeller la Ministre wallonne des Affaire sociales Christiane Vienne
pour que ce problème soit abordé et résolu dans le cadre de l’accord de
coopération. Mme Govaert s’engage à porter cette
dernière question à la table des négociations et s’inquiétera aussi des
possibilités d ‘échange avec la Flandre qui a également des accords
de coopération avec la Région Bruxelloise.
·
L’absence de réponse alternative (comme
l’accueil en maison de soins psychiatriques de certaines catégories de
personnes handicapées de grande dépendance) à l’enfermement en hôpital
psychiatrique.
- Le
constat amer de voir qu’en Wallonie, alors que le PS détient les sièges
les plus importants, les 35 millions d’accroissement budgétaire ont été affectés uniquement aux revalorisations
barémiques.
- En
conclusion, le GAMP rappelle une fois encore ses priorités, à savoir la
réponse aux besoins des personnes handicapées de grande dépendance, ce à
quoi M. Seminara rétorque qu’il se refuse à
hiérarchiser les besoins et que la politique du handicap doit être vue
dans sa globalité.
L’interprétation différente de la notion de grande
dépendance et la discussion sur les choix politiques du PS a pollué les suites
des échanges et amené de nombreuses tensions au sein des participants dont la
plupart, déçus de ne pas avoir été compris, ont quitté la salle.
Madame Govaert a tenté de
recentrer le débat avec les quelques participants restant, en rappelant :
- Que
les pistes avancées seront discutées et portées par le PS au sein du
conclave budgétaire.
- Que
le programme du PS est en cours de rédaction et qu’il abordera
explicitement :
-
les améliorations du pouvoir d’achat ;
-
la prise en charge plus effective par le fédéral de la
dépendance des personnes âgées et des personnes handicapées de grande
dépendance ;
-
la prise en compte par l’INAMI de certaines maladies rares,
du remboursement de certains types de médicaments, de l’hébergement des
personnes handicapées adultes (chaînon manquant) ainsi que des prisonniers
atteints d’affections psychiatriques ;
-
la réforme des critères de degré de dépendance (vers la plus
grande dépendance) ;
-
la prolongation du congé pour soins de 12 à 24 mois ainsi
qu’un allongement jusqu’à 36 mois, avec plus de flexibilité.
A ces points, le GAMP tient à ajouter les demandes
suivantes :
- L’affectation
du 1/3 réservé des allocations des personnes handicapées hébergées à un fonds,
ce à quoi Mme Govaert et Mr. Perl répondent que
si les différents partenaires gouvernementaux sont d’accord sur le
principe de la mobilisation du 1/3, les néerlandophones s’oppose à la
création d’un fonds.
- Le
soutien du PS à la proposition du MR bruxellois de créer un budget
d’assistance personnalisé (BAP) dans le cadre de la COCOF, ce à quoi Mme Govaert répond que si le PS soutien le principe du
BAP, il n’est pas d’accord sur la manière dont il est présenté en Région
Bruxelloise, souhaitant par ailleurs qu’un projet pilote soit proposé (et
évalué) par la Ministre de la COCOF E. Huytebroeck.
Avant de se quitter, les partenaires conviennent :
- Qu’une
représentation du GAMP rencontrera le jeudi 22 mars Mme Govaert et Mr. Perl au Cabinet du Ministre Demotte,
afin de discuter des mesures approuvées lors du conclave budgétaire du week-end
du 16 mars.
- Que
l’attention de Mr. Di Rupo sera attirée sur les vices de l’accord de
coopération et qu’elle le sera
encore davantage sur l’impérieuse nécessité d’aborder le refinancement de
la COCOF lors des négociations institutionnelles qui suivront les
élections, sujet d’ailleurs inscrit au programme du PS.
Rapporteur : Claire Borchgraeve
02 / 522.05.23