Le Groupe d’Action qui dénonce le Manque de Places
pour les personnes handicapées de
grande dépendance
Compte rendu de l’action du 2 juin
2006 au siège du Parti Socialiste
Le 10ème sit-in du GAMP a
été organisé devant le siège du parti socialiste, le but étant de sensibiliser
les partis politiques démocratiques aux difficultés de nos familles. Un communiqué de presse avait été diffusé au
préalable et plusieurs journalistes étaient présents. Parmi ceux-ci, l’Agence Belga, la RTBF Radio,
Bxl Radio, …Des reportages radio ont été ensuite diffusés.
Monsieur Elio Di Rupo, président du
PS, était empêché. Ainsi, Mr. Jean-Marc
Jalhay avait été délégué pour recevoir une délégation du GAMP. Nous étions 27 personnes présentes.
Mr. Jalhay nous a assurés de l’intérêt
de son parti pour la politique des personnes handicapées et a évoqué les
valeurs de solidarité et de justice à l'égard des plus faibles défendues par le
PS et auxquelles nos revendications font appel (voir notre communiqué de presse).
Il a aussi évoqué les propositions retenues au sujet du handicap dans les accords
gouvernementaux de la Région bruxelloise.
Ces accords prévoient :
- la création d’une offre de services diversifiée ;
- la création de places en court séjour ;
- la mise en place du Budget d’Assistance
Personnelle (BAP).
Les échanges qui ont suivi peuvent
être résumés ainsi :
·
Le manque de places est criant. Nous l’estimons à un millier au moins. Une récente étude de l'Observatoire ferait
état de 807 places manquantes à Bruxelles.
·
Le parti socialiste soutient la politique
du handicap menée à Bruxelles par la Ministre Ecolo Evelyne Huytebroeck. Nous signalons que la marge de manœuvre de la
Ministre est très étroite, compte tenu de l’enveloppe insuffisante octroyée à
la COCOF et de ce fait, à la politique des personnes handicapées. En Région bruxelloise, le déficit de la COCOF est de 17
millions. Le refinancement de 5 millions
obtenu cette année a été absorbé par la masse salariale (accords du non-marchand)
et n’a pas été consacré à la création de nouvelles structures.
- Le problème majeur est un manque de financement
adéquat lié à un problème institutionnel.
Nous signalons que la répartition des compétences est telle dans
notre pays que plusieurs responsables politiques rencontrés lors de nos actions
se déclarent incompétents pour agir dans le cadre de nos revendications et
nous renvoient uniquement à la Ministre Huytebroeck.
·
Nous signalons par ailleurs que les projets de nouvelles
structures, comme Hoppa (hébergement et accueil de 25 personnes polyhandicapées)
et Condorcet et Estreda (hébergement et accueil de 10 personnes avec autisme)
sont toujours bloqués pour différentes raisons administratives. En particulier, nous signalons que la
Ministre Dupuis est co-responsable du blocage de l’attribution du terrain au
projet Hoppa, alors qu’elle nous avait signifié au mois de janvier 2006 que le
problème était réglé !
- Nous sommes bien entendu d’accord sur une offre
diversifiée, ainsi que sur la proposition de services plus
« légers » selon les types et les degrés de handicap, et de même
pour le BAP. Mais ces solutions ne
sont pas à considérer comme des alternatives valables au manque de
structures pour personnes plus lourdement handicapées. Notre
revendication principale est et reste la création de places en hébergement
et de structures adaptées aux handicaps de grande dépendance.
- Compte tenu du manque de structures à Bruxelles,
il est indispensable de rendre opérationnels les accords de coopération
avec la Wallonie. A l’heure
actuelle, le moratoire instauré en
Wallonie ne permet pas la création de nouvelles places, sauf pour les
personnes lourdement handicapées (catégorie C). Les wallons sont favorisés et peuvent de plus bénéficier
de l’octroi de conventions nominatives octroyées par l’AWIPH et leur
permettant d’occuper des places en APC (autorisation de prise en
charge). Cette possibilité doit
être ouverte aux bruxellois aussi !
- Concernant la Wallonie, Mr. Jalhay signale que
effectivement, la situation y est meilleure qu’à Bruxelles. Nous précisons que le budget du handicap
en Wallonie est bien plus élevé qu’à Bruxelles et que d’autre part,
pas mal d’institutions wallonnes reçoivent un bol d’oxygène avec l’accueil
de ressortissants français auxquels l’état français octroie des
subventions doubles que celles de l’AWIPH.
Nous
signalons qu’il est paradoxal que la Ministre wallonne en charge de la
politique des personnes handicapées – Christiane Vienne – se réjouisse de
la présence en Wallonie de 3000 handicapés français, alors que nos enfants
– citoyens belges – ne peuvent y être accueillis ! Par ailleurs, l’accueil des handicapés
français devient dans certains cas une entreprise lucrative car l’état
français octroie généralement, après négociation avec les institutions, un
prix journalier qui est souvent le double de ce qui est accordé par
l’AWIPH.
- La création d’une cellule de crise est
évoquée. Nous attendons sa mise en
place au SBFPH (Service Bruxellois Francophone des Personnes Handicapées).
- La personne responsable de la "Mandorie"
fait part de sa propre expérience et des pistes qui peuvent s'en dégager
comme la mise en place de projets pilotes de petite capacité (5 ou 6
personnes) avec notamment l'aide de bénévoles. On insiste pour que des
initiatives de petites structures soient encouragées et subsidiées, pour
que les personnes handicapées soient intégrées dans les quartiers. Mais on met en garde par rapport à
l’emploi de personnel bénévole !
- Nous demandons un
soutien pour que, dans le cadre d’un prochain refinancement de la COCOF,
les organisations syndicales mettent en sourdine leurs revendications
salariales dans le domaine du handicap au profit de la création de
nouvelles structures et places en hébergement.
En conclusion, nous avons
demandé que la problématique du handicap soit prise en compte de façon globale
et que les accords gouvernementaux bruxellois cités plus haut soient respectés,
notamment par une planification sur les dernières années de législature. Monsieur Jalhay a répondu que ce n'est pas le
PS qui va directement établir un calendrier mais qu’il peut :
·
Interpeller Mme Huytebroeck afin de savoir ce qui est
possible de mettre en place avec les moyens actuels.
·
Interpeller Mme Dupuis pour voir comment débloquer le projet
Hoppa.
·
Interpeller Mme Vienne par rapport aux accords de coopération.
·
Prendre bonne note de nos revendications lors de prochaines
négociations syndicales.
Nous
recontacterons Mr. Jalhay d'ici la fin du mois de juin par rapport à ses
engagements.
Tout en le
remerciant de nous avoir reçu, nous avons informé Mr. Jalhay de la rédaction et
de la diffusion d’un compte rendu de cette action.
Pour le
GAMP
Cinzia
Agoni
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