pour personnes handicapées de grande dépendance
Introduction
C'est à l'initiative d’un groupe
d’assistantes sociales que le premier sit-in dénonçant le manque de places pour
les personnes handicapées de grande dépendance a eu lieu le 6 octobre 2005 sous
les fenêtres de la Ministre Huytebroeck, en charge de la politique des
personnes handicapées à Bruxelles.
Plusieurs assistantes sociales, confrontées dans leur pratique
quotidienne au manque de place dans les services d’accueil et d’hébergement,
s’étaient constituées en collectif début 2005 dans le but d’attirer l’attention
du monde politique sur cette problématique.
Le
mouvement du Groupe d’Action qui dénonce le Manque de Places pour les personnes
handicapées de grande dépendance (GAMP) a commencé à la même époque sous
l'impulsion du service Famisol et de l'AFrAHM (Association Francophone d’Aide
aux Handicapés Mentaux) et s’est joint, avec plusieurs autres associations,
centres et services concernés, aux revendications des assistantes sociales.
Depuis, chaque premier vendredi du
mois, un sit-in est organisé par le GAMP devant les bureaux de responsables
politiques. C'est ainsi que plusieurs Ministres bruxellois, communautaires et
fédéraux, de même que le Parlement Francophone Bruxellois et les présidents de
parti, ont reçu la visite d'un groupe composé de parents, de personnes
handicapées et de professionnels du secteur. Les actions de sit-in se
poursuivront tant que des avancées concrètes ne seront pas obtenues. Un sit-in chez le Premier Ministre Guy
Verhofstadt sera organisé lors de la date anniversaire du 6 octobre.
L'objectif ? Attirer l'attention,
informer, sensibiliser, interpeller, appeler à des coopérations afin qu'aucun
ne puisse dire: "je ne savais pas", "je n'étais pas au
courant", "si j'avais su j'aurais pu …".
En effet, la situation dramatique
vécue par beaucoup de parents au jour le jour nécessite, de la part des
pouvoirs politiques, la capacité de faire preuve d'ouverture et d'imagination
afin de trouver des solutions à l'urgence et de mettre en place des dispositifs
qui les soulagent. Il y a bel et bien un problème beaucoup plus global de prise
en charge par la société de cette population la plus fragile parmi les
populations fragilisées. Chacun est
concerné !
La problématique
Des
centaines de personnes handicapées adultes de grande dépendance habitant la
Région de Bruxelles-Capitale ont besoin d’une prise en charge adaptée de jour
et de nuit, mais elles ne trouvent aucune structure spécifique.
En
effet, les places subsidiées en Région bruxelloise par la Commission
Communautaire Française (COCOF) sont toutes occupées et les listes d’attente
s’allongent. De surcroît, la COCOF n’est
pas suffisamment financée que pour pouvoir assumer pleinement la politique des
personnes handicapées bruxelloises francophones.
En Région
wallonne, le moratoire instauré en 1997 empêche l’ouverture de nouvelles
structures mais permet l’accueil des personnes lourdement handicapées par
l’octroi de conventions nominatives. Des places existantes non subsidiées
(dites places APC ou en Autorisation de Prise en Charge) peuvent donc être
occupées et subsidiées avec cette formule. De fait, les Bruxellois sont exclus
de cette possibilité qui est uniquement réservée aux wallons et ne peuvent donc
trouver de solutions alternatives valables.
Dans
tous les cas, en Communauté Française la demande dépasse largement l’offre et
paradoxalement, ce sont les personnes les plus lourdement atteintes et les
familles qui ont le plus besoin d’être épaulées qui sont exclues des services
existants.
D’autre part, l’ouverture de nouvelles structures est
laissée entièrement aux initiatives privées.
Bien que les personnes handicapées de grande dépendance jouissent du
droit à la prise en charge par la collectivité, dans la réalité c’est aux
familles d’en assumer la lourde tâche et, tout aussi paradoxalement, de devoir
créer de tels projets.
Faute
de places et de structures, le maintien à domicile est l’alternative souvent
obligée. Les parents doivent alors
arrêter de travailler et réaménager tout leur emploi du temps, sans parler des
problèmes financiers liés à la perte de salaire. De plus, quand l’enfant devient adulte, les
parents ne sont plus très jeunes et ils s’épuisent à la tâche. Les situations de crise et d’urgence sont
fréquentes, les parents n’étant pas eux-mêmes à l’abri d’une maladie, d’un
accident ou d’une hospitalisation, et les familles monoparentales étant, hélas,
nombreuses. Dans certains cas,
l’exaspération et le désespoir vécus au quotidien font craindre une issue
dramatique.
Revendications
La volonté d’une réelle prise en compte de la
problématique ne peut se concrétiser que par une planification de l’ouverture
de structures en nombre suffisant. L’enveloppe
actuelle destinée par la COCOF au handicap est largement insuffisante et
ne permet l’ouverture d’aucune structure supplémentaire.
Il
est donc indispensable de mettre en place dans les délais le plus brefs de
solutions adaptées. Nous proposons les
mesures suivantes.
A
long terme :
A
moyen terme :
A
court terme :
Personnes de contact : Agoni Cinzia : 02 / 673 03 12 ou 0475 / 94 18 90 - Rossion Dominique : 02 / 502 99 29