Nous avons précisé l’objectif de cette rencontre à la veille
des élections fédérales, à savoir : s’enquérir de ce que le parti Ecolo a
fait et compte faire pour rencontrer nos revendications.
Avant d’entamer le débat, Mme Agoni au nom du GAMP rappelle
que notre groupement est apolitique et qu’il tient à conserver sa neutralité en
dehors de toute pression électoraliste. Il n’acceptera aucune tentative de
récupération ni un encore plus insupportable étiquetage. Elle a également
annoncé la diffusion prochaine d’un communiqué de presse qui, à la lecture des
différents programmes politiques, tentera d’appréhender dans quelle mesure les
partis ont tenu compte de nos revendications.
Mme Genot nous dit qu’une
commission créée à l’intérieur du parti se réunit régulièrement et aborde les
questions traitées aux différents nouveaux de pouvoirs. Parmi celles-ci, la
question des indemnités dont sont privés (ou réduites ?) les personnes
handicapées qui se mettent en couple, combat qui n’est pas terminé et qui
rejoint la problématique dénoncée par la plate-forme intitulée « le prix
de l’amour ». Egalement, on signale le problème étudié avec les
fédérations de médecins et des étudiants, de la pénurie de médecins - liée
entre autre au numerus clausus- en psychiatrie infantile, ce qui accroît le
nombre de besoins insatisfaits.
Si nous reconnaissons le bien fondé de ces questions, nous
tenons à centrer le débat sur nos préoccupations, à savoir le manque de places
pour P.H.G.D. En particulier, nous
tenons à signaler notre étonnement par rapport au fait que dans le programme
politique d’Ecolo, seules les personnes polyhandicapées et les personnes
souffrant de maladies évolutives dégénératives soient nommés comme relevant de
la grande dépendance. Qu’en est-il des
personnes autistes et handicapées mentales graves ou avec troubles du
comportement ?
Mme Genot nous redit les mesures
prises ou suggérées au niveau fédéral :
-
l’assurance dépendance avec un axe particulier pour les
P.H., genre de BAP qui dépendrait de l’entité fédérale dans le cadre de la
sécurité sociale ;
-
la mise en place, discutée au sein de la conférence
interministérielle, de structures de type M.R.- MRS pour l’accueil de
polyhandicapés ;
-
les avantages fiscaux, réduction de la TVA à 6 % pour les
travaux de rénovation ;
-
les réductions selon le degré de dépendance, de charges fiscales aux familles ayant en charge une
personne handicapée ;
-
l’extension au delà de 12 ans des déduction des frais de
garde ;
-
l’octroi de titres services …..
Nous interpellons ensuite nos interlocuteurs sur le suivi
des travaux parlementaires et sur les mesures prises par la Ministre E.
Huytebroeck. Parmi celles-ci, Mme Braeckman aligne :
-
l’augmentation du nombre de places par divers mécanismes
comme l’occupation à 100%,
-
l’accueil en court séjour,
-
l’utilisation des deniers publics pour augmenter le nombre
de places (éternel problème sur lequel nous achoppons depuis le début de nos
sit-in).
Les enjeux sont de taille, la Région de Bruxelles vit
plusieurs paradoxes, car elle accueille des travailleurs venant des autres Régions
du pays et une population Européenne non négligeable, tous échappant à la
fiscalité. Si Bruxelles produit de la richesse, ¼ de sa population vit en-dessous du seuil de pauvreté. De plus, Bruxelles est étranglé
par sa frontière linguistique. A cela s’ajoute un fait historique dont il n’a
pas été suffisamment tenu compte lors de
la régionalisation : Bruxelles ne dispose que de très peu d’institutions
destinées à l’accueil des personnes handicapées, et l’on connaît les limites
des accords de coopération avec les autres Régions et les effets du moratoire
wallon.
Il s’avère donc indispensable de refinancer la Région, la
COCOF et la COCOM dont dépendent les institutions ; pour ce faire il faut
travailler au niveau fédéral, qui par ailleurs fait des cadeaux plantureux aux
multinationales. Mais refinancer
Bruxelles ne réglera pas tous les problèmes du handicap car d’autres
populations fragilisées attendent aussi les effets de ce refinancement. Il
faudra dès lors rester très attentif à la prise en compte de nos revendications
et aux choix qui seront opérés.
Le GAMP signale ses contacts avec le cabinet Demotte au
sujet du projet d’extension sur les 3 régions de 200 lits destinés au polyhandicap avec projet thérapeutique, mais ne perdons pas
de vue que les PHGD ne guériront pas.
Le débat se recentre sur Bruxelles et le suivi des travaux
de la Commission des Affaires Sociales dont les conclusions sont attendues
incessamment. Dès échos de la séance de la veille nous laissent
perplexes. Il semblerait que la proposition déposée par Mme Persoons
à propos du BAP ainsi que sa résolution sur le manque de places pour les
handicaps de grande dépendance aient été rejetés par la majorité. A quoi a servi
1 an de travaux, d’auditions, de débats ? La gue-guerre
politicienne à laquelle se livrent les différents partis nous consterne. Si les
politiques se disent écoeurés, que doivent dire les familles en attente depuis
des années de solutions durables et structurelles ? Mme Gailly nous dit en outre que la conférence
interministérielle n’a pas abouti à une réelle coordination mais à une série de
mesures juxtaposées.
Où trouverons-nous en Belgique une instance qui pourra faire
changer les choses ? Existe- t-il une réelle volonté d’avancer ?
Devrons-nous faire un sit-in au Sénat, qui pour d’autres questions très
sensibles, telles la dépénalisation de l’euthanasie ou les soins palliatifs, a
su trouver un consensus ? Quand pourrons nous espérer une réponse à ce
problème de l’accueil des PHGD qui ne se limite pas à la seule Région
Bruxelloise car les autres Régions du pays connaissent aussi des carences de
places ?
Mme Braeckman nous explique que si le BAP et la résolution
ont été rejetés, c’est parce que le premier n’était pas adapté et l’autre était
devenue obsolète, suite aux mesures prises par le cabinet Huytebroeck. Elle
nous annonce qu’elle-même déposera une nouvelle résolution avec la
participation de Mme Saidi pour le volet BAP, et que ce document sera présenté
lors d’une séance plénière au Parlement le 8 juin prochain.
Mme Gailly à son tour intervient
dans le débat et se défend de n’avoir rien fait. Elle nous rappelle que le
service Bruxellois a vu sa dotation augmenter ces dernières années et qu’1/3 du
budget de la COCOF est affecté au secteur du handicap : cette années,15 places seront créées dans le cadre de la COCOM et 15
autres par la COCOF.
Le GAMP relève qu’il a appris hier, lors de la conférence de
presse destinée aux présidents des partis démocratiques des 3 Régions et Communautés,
que le moratoire instauré en Wallonie connaît une extension de 75 places, d’où
nos questions :
-
Seront-elles accessibles aux Bruxellois (vu les listes
d’attente en Wallonie) ?
-
Le seront-elles dans le cadre des conventions nominatives ou
prioritaires ?
Le GAMP rappelle qu’actuellement les accords de coopération
ne le permettent pas. Est-ce correct juridiquement ? Car la libre
circulation n’est dans ce cas pas garantie !
Le GAMP demande en outre qu’en est-il du transfert des 7
millions d’euros par la Région Wallonne à la Région Bruxelloise, alors qu’ils
n’étaient pas inscrits au budget de la R.W. Mme Gailly
nous répond qu’un ajustement budgétaire à l’AWIPH
vient d’être voté et confirme que 5 millions iront au secteur du handicap et 2
à la politique générale de la COCOF.
En outre, on apprend que les cabinets Huytebroeck et Vienne se sont rencontrés pour réactualiser les accords de coopération ;
il est donc essentiel de veiller à ce que la libre circulation avec les
conventions nominatives/prioritaires soit prévue.
En conclusion, les représentants d’Ecolo nous
promettent :
-
de soutenir la demande de refinancement de la région
Bruxelloise ;
-
d’être attentifs à la proposition d’ordonnance signée par
les 4 partis francophones concernant l’affectation au secteur du handicap d’une partie des réserves foncières bruxelloises ;
-
de réactualiser et corriger les accords de coopération avec
la Wallonie ;
-
s’ils sont associés à une majorité, d’œuvrer pour que soit
assurée une véritable coordination au sein de la conférence interministérielle ;
-
de nous tenir au courant de l’évolution des dossiers et
dans ce contexte, de nous faire part de la proposition de résolution sur la
grande dépendance et sur le BAP.
Avant de prendre congé, nous avons remercié nos
interlocuteurs de nous avoir reçus.
Pour le GAMP
Groupe d’Action qui dénonce la Manque de Places pour
personnes handicapées de grande dépendance
Rapporteur : Claire Borchgraeve