Communiqué de l’asbl
Inforautisme
à propos de
l’utilisation du mot « autiste » en politique et dans les media
Il y a
quelques jours, le Premier Ministre Yves Leterme était publiquement accusé de
donner une réponse d’« autiste ».
« Nous ne sommes pas des
autistes ! » disait un soir Jean-Claude Van Cauwenberghe en sortant
des bureaux de l’Union Socialiste de Charleroi, au moment où les
« affaires » battaient leur plein.
Voilà
deux exemples de l’utilisation du concept d’ « autisme » par le
monde politique belge, visant à désigner une incapacité ou un refus de
communiquer, voire une attitude considérée socialement bizarre.
Il y a
quelques années nous épinglions certains médias pour les mêmes raisons. Il
convient en effet de rappeler que l’autisme touche au total 6 personnes sur
1000 dont 1 sur 1000 de façon très grave. Dans notre pays, nous manquons
cruellement de services, écoles et centres adaptés, et nombre de personnes
autistes lourdement handicapées, une fois devenues adultes, risquent
l’internement en hôpital psychiatrique faute de places d’accueil !
Alors,
la nonchalance avec laquelle nos politiciens revendiquent ou stigmatisent
d’ « autiste » un comportement bizarre, nous blesse profondément. Cette banalisation d’une réalité douloureuse est
choquante car ces mots évoquent en nous – par expérience directe ou indirecte -
« souffrance », « exclusion » et « parcours du combattant » !
Qui traiterait encore aujourd’hui de « mongol » son adversaire
politique ? Pourtant, on peut traiter quelqu’un d’autiste sans s’attirer
les foudres des associations représentatives des personnes handicapées et des
droits de l’homme. C’est un énième effet pervers de l’ignorance en matière
d’autisme de notre société.
Alors
de grâce, Mesdames et Messieurs les politiciens et journalistes, nous vous
demandons de respecter la personne autiste qui - contrairement à vous qui avez
la chance d’être nés normalement constitués - n’a choisi ni son handicap ni ses
symptômes.
Pour Inforautisme asbl
Cinzia Agoni-Tolfo
Administrateur