Inforautisme asbl
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ARTICLE
de l’asbl Inforautisme : avril 2005
L’approche ABA (et IBI) et son efficacité auprès des enfants
atteints d’un trouble envahissant du développement (TED).
Traduit et écrit par Flavio
Tolfo
Ce texte a été élaboré à partir de sources diverses, dont le
texte original de Donais & Poirier extrait du site : www.autisme-montreal.com/traitement/1/ABA-ICI.html
L’ABA (abréviation du terme anglais
" Applied Behavior Analysis ") est une méthode d’apprentissage
comportemental qui agit sur le comportement de la personne pour en modifier un aspect
ciblé. La méthode vise quatre
objectifs :
La méthode est une formalisation de
ce que nous utilisons naturellement dans toute éducation, à savoir, fixer des
objectifs limités, accessibles et progressifs, enseigner les attitudes correctes
pour les atteindre, encourager et récompenser les succès. Les compétences que l’on désire enseigner
sont décomposées en leurs plus simples éléments (unités opérationnelles) et
apprises une étape à la fois en suivant la séquence : stimulus, réponse et
conséquence. Un stimulus ou une consigne
sont donnés, le sujet bénéficie d’un délai pour répondre, les réussites sont
renforcées et les échecs sont corrigés. La
méthode peut être fort contraignante pour la personne et son entourage (les
critiques parlent de dressage) et demande une implication importante des
parents et des efforts financiers réels. Le traitement utilise des stratégies
d’apprentissage comme l'indication, l'incitation, etc.… Une description
détaillée en est donnée par Donais & Poirier (2004), accessible en cliquant
sur le lien www.autisme.net/lovaas.html
. Les résultats sont observables,
mesurables et objectifs.
L’ABA a prouvé son efficacité de
façon empirique dans une variété de situations cliniques très diverses, autant
pour les adultes que pour les enfants. Par
exemple, l’ABA est utilisée pour aider les adultes à cesser de fumer, à perdre
du poids, pour traiter l’hyperactivité, la dépression, les phobies ou pour
enseigner les compétences sociales.
L’IBI est l’abréviation anglaise de
« Intensive Behavioral Intervention » pour décrire l’intervention ABA
intensive. L’IBI est un modèle de
traitement spécifique pour les jeunes enfants ayant un trouble envahissant du
développement (TED). Les problèmes traités
ne se limitent pas aux crises de colère mais incluent aussi les difficultés de
tout ordre (apprentissage du langage, du jeu, des compétences sociales, des
matières scolaires, etc.).
Les objectifs du programme sont
contenus dans un plan d’intervention individualisé, basé sur l’analyse des
forces et des déficiences de l’enfant. Ils
sont sélectionnés et révisés par le superviseur de l’équipe d’intervention. Les parents donnent leur accord pour les
objectifs et les interventions du programme et participent activement à chacune
des rencontres.
L’IBI nécessite une intervention
minimale de 20 heures par semaine. Ce
modèle vise à maximiser le temps d’enseignement en réduisant le temps que les
enfants passent à des activités non productives comme l’autostimulation
et les comportements non fonctionnels. L’idée de départ est que les enfants avec un
développement typique apprennent pendant tout leur temps d’éveil en jouant, en
observant ou en imitant leurs pairs et les adultes autour d’eux. Par comparaison, les enfants avec TED, lorsqu’ils
sont laissés à eux-mêmes, ne cherchent pas à imiter leur entourage et tendent à
se limiter à leurs intérêts stéréotypés.
Ils peuvent en conséquence accumuler du retard dans leur développement social. Il faut donc leur proposer (de façon
structurée) les situations d’apprentissage (!).
L’approche IBI est bien établie dans
la pratique depuis plus de dix ans et utilisée à grande échelle dans les
programmes publics d’aide aux personnes avec TED aux Etats-Unis (USA National
Research Council 2001, New York State Department of Health 1999, Californie) et
au Canada. Le curriculum d’intervention
est très étendu et concerne l’ensemble des compétences qui semblent importantes
voire nécessaires à une adaptation maximale dans la société: l’attention, le
langage réceptif et expressif, l’association, les habiletés motrices globales
et fines, les jeux et loisirs, les compétences sociales, l’autonomie,
l’intégration en communauté ainsi que les connaissances préscolaires.
Selon les résultats des recherches,
les traitements IBI sont actuellement les plus efficaces auprès des jeunes
enfants ayant un TED.
La recherche fondatrice a été
entreprise par Lovaas (1987). Ses
travaux ont montré que 47% des enfants ayant reçu un traitement IBI (40 heures
par semaine) étaient comparables à leurs pairs à leur entrée en première année
de classe régulière. Ils ont en moyenne augmenté de 37 points leur quotient
intellectuel initial. Ces résultats
n’ont pas été obtenus dans le groupe contrôle recevant 10 heures d’intervention
ABA par semaine ou d’autres services dans leur communauté.
McEachin, Smith, & Lovaas (1993)
ont conduit une seconde étude six ans plus tard pour connaître l’évolution de
ces mêmes enfants devenus adolescents. Ils avaient maintenu leurs gains. Lovaas (2003) rapporte également le maintien
de ces gains à l’âge adulte.
D’autres recherches scientifiques ont
corroboré l’efficacité de ce traitement auprès des jeunes enfants avec TED
(i.e., Smith et al, 2000; Birnbrauer & Leach, 1993; Anderson &
Romanczyk, 1999), celui-ci leur permettant de s’améliorer au plan social,
émotionnel, éducatif et intellectuel (Lovaas, 2003).
La méthodologie IBI est maintenant
bien testée et documentée. Les conditions
pour la réalisation d’un traitement de qualité ont été publiées (Simeonson,
Olley, & Rosenthal, 1987, Lovaas, 2003).
Nous mentionnerons, parmi
d’autres :
Les recherches montrent également
que le traitement IBI est plus efficace si l’enfant débute avant l’âge de trois
et demi (Harris & Handleman, 2000).
IBI ne fait cependant pas
l’unanimité dans le monde des professionnels et des scientifiques. Les principales critiques à l’IBI portent
sur la sélection des sujets du groupe expérimental, sur les mesures utilisées
pour évaluer l'efficacité du traitement et sur l'assignation non aléatoire des
sujets entre les groupes (Schopler, Short & Mesibov, 1989; Mesibov, 1993;
Mundy, 1993). Elles concernent davantage
l’importance et la permanence des progrès observés plutôt que leur réalité.
Une
autre objection (Mottron, 2004) concerne le choix des sujets testés qui,
souvent, sont des TED avec haut niveau de fonctionnement, sans handicap
surajouté ou sans déficience intellectuelle.
Selon lui, ces personnes, de par leur évolution normale, réaliseraient des
progrès dans tous les cas. Les bénéfices
du traitement IBI sont alors à apprécier au regard des contraintes importantes
qu’il impose à la personne et à son entourage.
Michelle Dawson (2004), elle-même autiste, s’insurge contre ces
souffrances, imposées au nom d’une normalisation qu’elle refuse. Elle revendique sa différence et valorise son
mode spécifique de fonctionner au nom du respect dû à toute personne, quelle
que soit sa singularité. Il existe de
nombreuses références en français qui traitent de l’efficacité et de l’impact
du traitement ABA. Nous en avons sélectionné
un certain nombre dans la liste des références en fin d’article.
En conclusion, les parents et
professionnels sont constamment à la recherche de méthodes d’apprentissage plus
efficaces mais aussi respectueuses du rythme de développement de la personne. De nombreuses possibilités existent pour les
enfants souffrant d’un TED. Parmi les plus
populaires nous trouvons : l’approche TEACCH, les interventions comportementales
intensives (IBI) ou non intensives (ABA), l’intégration sensorielle, l’ergothérapie,
les diètes (gluten), les traitements pharmacologiques (sécrétine, chélation des
métaux lourds), la thérapie par les dauphins ou les chevaux, la thérapie par la
musique, le floor time etc. On peut
grouper ces traitements en trois catégories: les traitements scientifiques, pseudo
scientifiques et anti-scientifiques. Les premiers sont supportés par des
recherches empiriques rigoureuses validées par des experts extérieurs, les
seconds donnent l’apparence d’une approche scientifique mais ne sont pas suffisamment
validés et les derniers suggèrent des stratégies allant à l’encontre de
l’approche scientifique (et du bon sens). Dans la recherche de traitements efficaces il
est important de mettre ses propres valeurs, ses croyances, ses préférences et
ses espoirs de côté afin d’évaluer objectivement ceux qui sont conformes aux connaissances
scientifiques.
Actuellement, les seules méthodes dont
l’efficacité auprès des enfants avec TED est empiriquement étayée et
scientifiquement démontrée sont TEACCH et l’IBI. Pour les autres formes de traitements, des recherches
supplémentaires sont encore nécessaires à leur validation. Il faudra aussi préciser davantage leurs
facteurs d’efficacité. Ces précautions ne
sont pas d’application pour les méthodes qui se placent d’emblée en dehors du
discours scientifique (dauphins, chevaux, musique et autres ondes magnétiques).
REFERENCES
Donais S. & Poirier N., Le programme intensif de I.O.
Lovaas pour les jeunes enfants autistes http://www.autisme-montreal.com/section/indexfr3.html
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